C'est à l'age de douze ans que ma famille déménagea, et que je côtoyai pour la première fois des filles. Je venais en effet de passer tout mon primaire, plus la 6ème et la 5ème , dans des écoles de garçons, situées dans ce lieu moyenâgeux qu'on appelle l'Alsace. Et là, en région parisienne, les classes étaient mixtes. Et on apprenait l'anglais au lieu de l'allemand.

Pourtant le premier rappel à des choses familières fut fait par un prof homme à un garçon, nommé Patrick, élevé par ses grands parents dans l'indiscipline la plus totale. Le prof, à la rentrée, lui tint préventivement ce langage :
- Patrick, si jamais tu recommences comme l'année dernière, je n'hésiterai pas à te déculotter.

Hilarité et gêne dans la classe. Dans la cour, pendant l'interclasse, les langues des filles allaient bon train.
- Il est pas bien Mangin, de dire des trucs pareils.
- Oui, mais rappelle-toi, au primaire, il avait déculotté Alain M…
- Et la fille S…

L'incident fut cependant vite oublié. Quant à moi, après des débuts timides, j'avais commencé à faire l'intéressant en mettant mon grain de sel après chaque phrase des profs. J'étais insupportable. Et spécialement avec les femmes prof.
Celle qui nous faisait l'histoire géo, une forte femme blonde, décolorée, maquillée, décolletée, aux jupes courtes qui nous laissaient parfois voir ses jarretelles (on en portait à l'époque, ce n'était pas une fantaisie), était surnommée Poupette. La prof d'anglais, elle, brune, vieille France, avait hérité du sobriquet de Biquette. C'était niais, mais c'était ainsi.

Un jour où j'avais été particulièrement crispant, Poupette me fit signe de rester en retenue. Elle avait épuisé l'arsenal des heures de colle, réprimandes chez le directeur, verbes à conjuguer et autres pensum. Pour tant elle me fit sortir feuille et stylo, et me prescrivit encore une conjugaison. Et je sombrai dans la confusion, car le verbe était : être fessé, à tous les temps de l'indicatif. La prof me  regardait ironiquement pendant que je remplissais ma page d'écriture. Je me sentais tout drôle, comme si la chose que j'écrivais pouvait m'arriver sur le champ, et j'avais presque envie que ça m'arrive, comme la proie fascinée par le serpent attend l'issue fatale sans réagir. La tranquillité de Poupette fut assurée pendant au moins trois semaines.

Ensuite, ce fut à Biquette de me garder en retenue. Avec une version, et un dictionnaire pour m'aider à traduire. Voilà le texte qu'elle m'avait soumis :
"when I was a young boy, I was spanked by my teacher, in front of the whole classroom. This woman taked me under her arm, lowered my trousers, and, when my buttocks ware bared, striked it with the hand until my bottom was completely red."

Au fur et à mesure de la traduction, je me sentais devenir de plus en plus rouge. Je rendis ma feuille en évitant le regard de Biquette, qui buvait du petit-lait. Là encore la punition fut efficace, au moins pendant une quinzaine.

Mais les bonnes résolutions ont une fin, et ma cible suivante fut un prof de français, qu'une polio sévère avait laissé boiteux. La cruauté des élèves est sans limite, quand il s'agit de rire, de défier l'autorité, et de passer pour audacieux et spirituel auprès des filles.
Je dois dire que je poussai la plaisanterie jusqu'à faire éclater le pauvre homme en larmes. Je n'étais pas fier de moi. Mais quand Biquette, qui assurait son cours dans la classe voisine, apparut à la porte, j'avais perdu toute arrogance. Cette aimable femme, après avoir réconforté le prof chahuté, et fait garder sa propre classe par une élève, me conduisit dans l'étude de Poupette, et là, je n'en menais pas large. Poupette faisait cours aux troisièmes. Je ne connaissais pas ces élèves, qui me regardaient avec curiosité. Biquette s'entretint à voix basse avec Poupette (quels surnoms ridicules !), et, après avoir reçu un signe d'assentiment, celle-ci me prit fermement par le bras et m'attira contre elle. Je me retrouvai penché au-dessus du bureau, dans une position ridicule. Puis je sentis que deux mains retroussaient ma blouse, défaisaient la boucle de ma ceinture, les boutons de ma braguette, et baissaient mon pantalon jusqu'aux genoux. Le slip vint le rejoindre, et Poupette compléta mon déculottage en remontant ma chemise sur mes reins. La fessée commença immédiatement, avant que la vague de honte qui me submergeait ne m'eusses complètement anéanti. Elle fut brûlante, et assez longue pour que je trépigne et que mes larmes coulent sur mes joues.

Ensuite Poupette me relâcha subitement et me laissa me rhabiller maladroitement, évitant de regarder autour de moi, humilié, vaincu, les fesses en feu. Je regagnai ma classe sans qu'aucune parole n'ait été prononcée, les actes parlaient d'eux-mêmes.
Et je fus sage pendant tout le reste de ma scolarité. Je n'ose pas évoquer tous les moments de plaisir solitaire que je me donnai à l'évocation de ces souvenirs collégiens.

Au lycée, je grandis en force et en sagesse. Je décidai d'embrasser la profession de professeur d'éducation physique, réputée permettre une carrière et un  emploi du temps assez peinards. A l'age de 18 ans, je m'inscrivis pour un concours d'entrée, assorti d'un examen médical approfondi. Celui-ci comportait une radio de la colonne vertébrale, région lombo-sacrée. Je pris donc rendez-vous, et la charmante secrétaire médicale qui me reçut m'annonça d'une voix flûtée :
- Le jour venu, vous prendrez, le matin, un lavement de deux litres d'eau tiède et salée. C'est pour que les clichés soient bien nets, ajouta-t-elle, voyant ma tête ébahie.
Ce que je fis, et, j'ajoute, sans aucun plaisir, ni idée que cela puisse en procurer. J'étais juste un peu gêné qu'une jeune femme m'ait donné une telle consigne.
Deux copains devaient passer le même examen. Les langues allèrent bon train avant la visite :
- Il y a des petites assistantes, je te dis que ça.
- Les toubibs, ils s'n'emmerdent pas.
- Surtout que là, c'est une femme, la radiologue.
- Surtout, faut pas que tu penses que tu dois pas bander, sinon t'es bon pour avoir la gaule devant les assistantes.
- Alors, surtout, regarde pas leur nuque !

Le fameux jour arrivé, dûment lavementé, je me pointai au cabinet de radiologie. Après m'être déshabillé dans une cabine, je fus introduit dans la salle de radio. Une des assistantes me dit de m'allonger sur la table et je m'exécutai. Elle alla préparer je ne sais quoi, ou effectuer un réglage, peu importe, j'avais les oreilles qui bourdonnaient et j'évitais de toutes mes forces de regarder la fameuse nuque. Mais pas la croupe, hélas. Et je sentis une érection s'installer paisiblement dans mon membre à ma grande consternation.
L'assistante revint bientôt, pour me placer convenablement sur la table. D'une voix douce, elle me prévint :
- Attendez, nous allons commencer par un cliché de dos. Mettez-vous à plat-ventre.
Je m'exécutai. Je sentis qu'elle me fixait les chevilles et les poignets avec des sangles, mais cela ne m'inquiétait pas outre mesure. C'était sans doute ainsi que l'on procédait habituellement. Quand elle eut terminé, l'assistante se tourna vers la radiologue, qui venait de rentrer :
- Je crois qu'il a besoin d'une bonne petite leçon avant qu'on ne commence.
- Je crois aussi. Qu'en pensez-vous, jeune homme ?
- Pourquoi, une leçon ?
- Ne faites pas l'innocent. Je vous ai vu regarder mes fesses dans la glace. Eh bien maintenant c'est nous qui allons nous occuper des vôtres. Regardez cette cravache : vous allez être fessé d'importance.

Et, levant haut sa cravache, elle abattit le premier coup. Je sautai sur la table, mais j'étais solidement fixé.
- Un, dit la radiologue. Donnez-lui douze coups, Martine.
Et ni mes gémissements, ni mes soubresauts n'abrégèrent la punition. Quand elle fut terminée, Martine saisit un flacon de mercurochrome et du coton, qu'elle tenait avec des ciseaux. Elle désinfecta soigneusement mes zébrures, en me disant d'une voix trop douce pour être honnête :
- Oh ! le pauvre petit garçon ! il a eu la fessée ! Il faudra bien cacher ce petit cul pendant une semaine, parce que si quelqu'un voyait ces belles marques, tout le monde saurait que le vilain garçon a été fessé !
 
 

       

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