La sœur Gabrielle semblait avoir été désignée par le Seigneur pour
s'occuper d'une unique partie de notre individu, dans ce pensionnat 
pour
garçons où elle était infirmière. Il semblait que, quelque raison que
l'on ait d'aller la trouver, c'était votre derrière, qui retenait sa
sollicitude.

De piqûres en suppositoires, de températures rectales en lavements, 
cela
finissait toujours les culottes aux chevilles.

Mais, en outre, l'usage l'avait désignée pour appliquer les punitions
décidées par les autres religieuses de l'établissement. Et ces
punitions, à l'exception des verbes ou lignes à copier, c'étaient des
fessées, de bonnes fessées, comme elle disait. Parfois nous étions
envoyés à l'infirmerie pour la recevoir, parfois, pour des cas plus
graves, la correction était administrée dans la cour ou au réfectoire.
En sorte que, de Sœur piqueuse, elle était devenue Sœur fesseuse, et
surnommée par les gosses "sœur cul-nu", car jamais une fessée ne fut
administrée sur les culottes.

C'était une femme d'une cinquantaine d'années, robuste, à la voix 
forte.
Quand nous arrivions à l'infirmerie, elle nous regardait avec 
attention,
se demandant si elle devait soigner notre corps ou notre âme…
 Pour ce qui est de notre corps, elle nous regardait d'un air bien 
posé,
après que nous lui ayons exposé les symptômes de notre malaise, puis
demandait invariablement :
- bien, jeune homme, maintenant, tu vas me montrer tes fesses.
S'ensuivaient alors les soins que j'évoquais, thermomètre habilement
introduit dans le derrière que nous tendions bien haut, à quatre pattes
sur le lit, suppositoire, quelquefois lavement ? et nous attendions
alors son effet en nous dandinant dans l'infirmerie, culotte aux
chevilles.
Parfois aussi la piqûre, et la Sœur semblait alors déguster nos mines
inquiètes. Mais son expression était encore bien plus gourmande si nous
venions pour les soins de notre âme (pour être fessés), ou si on lui
demandait de nous corriger devant tout le monde. En ce cas nous devions
traverser le réfectoire ou la cour, et lui demander :
- Ma Sœur, voulez-vous bien me donner la fessée, s'il vous plaît ?
Elle ne nous laissait pas baisser nos vêtements nous-mêmes, mais
demandait d'un ton sans réplique, sourire aux lèvres, en détachant bien
les syllabes :
- Approche,  que je te déculotte !

Parfois, elle s'asseyait pour être à la hauteur de la ceinture à
dégrafer, des bretelles à déboutonner, d'autres fois elle restait 
debout
et se penchait pour le faire. Après quoi il avait plusieurs positions
possibles : sous son bras,  jambes en l'air pour les petits, jambes au
sol pour les plus grands, si la correction était donnée au réfectoire 
ou
dans la cour, afin que tous les témoins puissent bien voir.
Sur ses genoux si c'était à l'infirmerie. Il lui arrivait alors de 
faire
ce commentaire pour la victime :
- le Bon Dieu t'as donné des bonnes fesses, c'est pour recevoir des
bonnes fessées.

La fessée administrée alors comportait en général une trentaine de
fortes claques, sur un tempo rapide quand nous étions à l'infirmerie,
mais méthodique, appuyé, presque solennel, quand c'était en public.
Nous devions ensuite la remercier, des larmes de douleur aux yeux, le
postérieur tourné vers l'assemblée, avant d'avoir l'autorisation de 
nous
reculotter.

Souvent, j'ai été le spectateur de ces fessées, avec une certaine
excitation que je dissimulais. Mais parfois aussi c'est moi qui fus
fessé, et l'humiliation suivie de la douleur me laissait dans un 
mélange
très confus de plaisir et de crainte quand une des maîtresses 
m'envoyait
vers Sœur Gabrielle :
- Je crois que ce qu'il te faut, c'est une bonne fessée. Va voir la 
Sœur
Gabrielle à l'infirmerie, qu'elle te déculotte !
Ou :
- Mes enfants, regardez tous. C'est l'heure de la fessée. Aujourd'hui,
c'est François, qui va être déculotté et fessé par Sœur Gabrielle.

 Comme tous mes camarades, je pensai, passé la 6ème, être à l'abri du
châtiment humiliant ? tout en y repensant le soir, avant de m'endormir,
en caressant doucement ma verge bien raide. Mais je dus, à mon grand
désespoir, la subir une dernière fois, au réfectoire, à l'âge de seize
ans, pour avoir fait le mur et être rentré ivre… Si cela ne me fit pas
bander alors, au contraire, je n'ai jamais pu y repenser sans me 
branler
incontinent.




       

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