Carole attendit le lendemain, après la plage, pour mettre
enfin son projet à exécution. Alain partit prendre une douche, et rincer
son caleçon de bains à l'eau douce. Comme il avait l'intention de
continuer un peu son bain de soleil avant le repas du soir, il remit ce
dernier, encore mouillé, et alla s'allonger sur une serviette, dans le
jardin. Alors, Carole fit une inspection rapide des lieux, et découvrit le
drap de bain jeté en boule dans la salle d'eau, ainsi qu'un verre ayant
contenu un lait-fraise, posé sur la table de la cuisine. Elle l'appela
d'une voix sèche, et, quand il arriva, l'air inquiet, ne lui laissa pas le
temps de souffler.
- Viens ici !
Elle le prit par un poignet, et s'assit sur une chaise de
jardin (solide), puis le bascula sans prévenir en travers de ses cuisses,
et baissa immédiatement le slip de bain jusqu'aux mollets. Un joli
derrière en pomme apparut, dont la blancheur laiteuse était mise en valeur
par le hâle prononcé de la peau du dos et des jambes du garçon. Un grain
de beauté sur la fesse droite venait ajouter une note tout à fait au goût
de Carole. Elle eut un instant le souvenir d'un petit cul blanc de
chevreuil, pris dans les phares de sa voiture, et bondissant se mettre à
l'abri sur le talus. Cependant elle ne prit pas le temps de savourer la
vision du postérieur d'Alain (fesses royales, trône de l'impudeur,
avait écrit Appolinaire), et commença à fesser vigoureusement. Elle ne
comptait pas (quand on aime, on ne compte pas…), mais n'avait pas
l'intention d'arrêter la fessée avant qu'Alain ne donnât des signes
qu'elle allait à son but. De fait, alors que ses fesses étaient déjà d'un
beau rouge, il se mit à gigoter des jambes et à se tortiller de belle
manière, au grand plaisir de sa fesseuse. A la fin, elle arracha
complètement le slip mouillé des chevilles d'Alain, et le repoussa en
disant d'une voix autoritaire :
- Allez, file dans ta chambre !
Il ne se le fit pas dire deux fois, et elle apprécia en
connaisseuse la vision du jeune homme qui grimpait l'escalier en montrant
son derrière rouge. Elle ne prit pas la peine de le suivre, sûre de sa
soumission, qui allait de pair avec la honte et la confusion d'avoir été
fessé. Elle avait eu le temps d'entrevoir une verge qui n'avait rien de
triomphant, la cuisson de la fessée empêchant temporairement qu'elle eût
pleinement sa vertu érotique.
Cette nuit, pensa-t-elle, je viendrai le rejoindre dans
son lit, quand la lumière sera éteinte. Il se sera sûrement branlé, mais,
à son âge, on est tout de suite prêt à la récidive. Je prendrai le temps
de lui apprendre à se servir de sa petite queue de jeune chevreuil. Je lui
enseignerai aussi à lécher autre chose que des glaces à l'italienne. Je ne
parlerai pas, ni n'allumerai la lumière. D'abord parce qu'il ne faut pas
banaliser la nudité, j'aime cette honte qu'il a quand je lui mets les
fesses à l'air. Ensuite parce que je veux que, dans sa tête, il y aie deux
femmes différentes, Carole qui le fesse le jour, et la dame de la nuit qui
l'initie aux grands mystères quand la lumière est éteinte. Bien sûr qu'il
n'est pas assez bête pour ne pas comprendre, mais je veux le faire passer
d'un monde à l'autre, d'une femme à l'autre, je veux qu'il soit tantôt le
gamin honteux d'être déculotté, et tantôt le jeune amant de la nuit, sans
avoir à faire semblant dans le premier rôle.