Liza, ou comment devenir chienne

 
Giorgio a choisi de vivre, avec son chien Melampo, sur un îlot rocheux au sud de la Corse. Il habite une sorte de bunker et, toujours accompagné de son fidèle ami, passe ses journées à pêcher, cueillir des olives, peindre, se promener ou faire des bandes dessinées. Un jour, une superbe jeune femme blonde, désagréable et snob, Liza, abandonne ses compagnons de croisière après s'être disputée avec son amant, et se rend sur l'île…
Elle fait la connaissance de Giorgio, qui la traite avec indifférence, mais ils passent la nuit ensemble. Giorgio la ramene a terre mais Liza, obsédée par le lien entre le chien et son Maitre, revient, et tue son compagnon pour prendre sa place.

Ce film de Marco Ferreri date de 1971. Il met en scene un couple mythique, Deneuve et Mastroianni. Piccoli bien sur y est également remarquable.

Deneuve est superbe en chienne, dans un premier temps fière et indomptable, et ensuite prête à tout. Son collier, ses repas pris dans la gamelle, ses déplacements à quatre pattes ont marqué mon adolescence..
 
 


 

Contenu fourni par Animatrice et publié le 20/08/2003 20:48:21




Portier de nuit

 

Portier de Nuit (Italie, 1974) : Ce terrible film d’une jeune émule de Visconti, Liliana Cavani a provoqué un scandale à sa sortie, et une vive réaction de Primo Levi lui-même (auteur de ‘Si c’est un homme’).
Il montre les retrouvailles, à Vienne, en 1957, d’une ancienne déportée et de son bourreau, un ancien officier SS devenu portier de nuit dans l’hôtel où descend la jeune femme en compagnie de son mari, un grand chef d’orchestre.
Le portier de nuit (Dick Bogarde) reprend sa domination sur celle qu’il a torturée en camp de concentration (Charlotte Rampling).
Le thème du film est l’obscure fascination de la victime pour son tortionnaire (le SS avait violé la jeune fille, alors âgée de seize ans)
Un parallèle S/m évident et dérangeant.

Voici l’analyse qu’en fait Pascale Borenstein

En réalisant Portier de nuit, Liliana Cavani fit scandale à plus d'un titre : le film traitait le nazisme non pas sous l'angle du phénomène collectif ou politique, mais sous l'angle d'une relation individuelle, mêlant la dépendance et l'amour, entre un homme et une femme, liés par un passé commun de bourreau et de victime.
Vienne, 1957 : dans une ville où sont réfugiés des ex-nazis, une jeune femme, Lucia (Charlotte Rampling), mariée à un chef d'orchestre, arrive dans un hôtel. Max (Dirk Bogarde), le portier de nuit, reconnaît en Lucia une ancienne déportée d'un camp de concentration où il était chargé des interrogatoires en tant qu'officier SS. Il l'avait violée et en avait fait sa maîtresse. D'abord terrifiée et assaillie par les visions cauchemardesques de son passé, Lucia va progressivement retomber dans son passé morbide. Restée seule à Vienne, elle redevient la maîtresse de Max, et les amants renouent leur relation sado-masochiste.
Ce qui dérange et met terriblement mal à l'aise, c'est la soumission de Lucia aux brimades, aux privations de liberté : autrefois victime menacée de mort, elle est à présent libre de refuser. Et, au contraire, elle est pleinement consentante. Devenue complice de son bourreau, elle participe de son plein gré aux jeux érotiques et pervers. " Cavani essaie de démonter le mécanisme de la fascination nazie. Ce film aux couleurs de la nuit épie les prestiges de messe noire, de conspiration cauteleuse, toute cette panoplie pour parfaits sado-masochistes que les nazis, experts dans l'art de la mise en scène et des costumes, avaient su porter à un haut degré d'efficacité. Cette descente aux abysses nous enfonce dans un monde où seuls comptent les rapports de force et les plaisirs qui découlent à les exercer ou les subir ", commentait Jean-Louis Bory. Le film fut interdit en Italie pour obscénité, vulgarité excessive des scènes montrant des rapports sexuels, atteinte aux bonnes mœurs, et Cavani fut accusée d'immoralité et de complaisance. Elle avait déjà fait scandale avec La Peau (tirée d'un roman de Malaparte), mais, avec Portier de nuit, elle avait franchi un pas supplémentaire : en voulant montrer " les côtés obscurs de l'âme ", analyser" le cannibalisme psychique ", elle montrait la séduction du bourreau, la fascination pour l'horreur (cf. Les Films à scandale, de Jean-Luc Douin, éditions du Chêne). Plus largement, Cavani montre la contamination du mal agissant comme une épidémie et mettant à égalité bourreau et victime. Le bourreau a sali la victime et l'a rendue complice et coupable. Le mal est une tâche qui se répand. L'amour de l'ennemi revêt ici sa forme paroxystique : les deux amants cherchent à s'enfuir ensemble et sont abattus sur un pont au-dessus du Danube dans la lumière bleutée. Amour à mort.
L'amour de l'ennemi renvoie à la dualité des figures : bourreau/victime, prisonnier/surveillant (Furyo de Nagisa Oshima), maître/valet (The Servant de Joseph Losey). Ce dernier film est une extraordinaire démonstration de la parabole hégélienne où le maître et l'esclave n'existent pas l'un sans l'autre et se définissent mutuellement. Sur un scénario d'Harold Pinter, ce drame du refoulement nous entraîne dans la spirale d'une relation de dépendance qui bascule dans la domination du maître par le servant. De l'harmonie initiale où la maison comme les relations sont parfaitement ordonnées, le film s'enfonce inexorablement dans la description des déséquilibres et des dérèglements. Le tandem maître/servant passe de la relation courtoise et respectueuse à la violence et à la gangrène. Le valet s'avance dans la conquête de son maître et surveille de moins en moins son langage. Valet contre maître, servant contre servi, ce thème du théâtre classique tourne à la prise de possession, à l'aliénation d'un homme par un autre. Exerçant une séduction diabolique, le serviteur organise une lutte à tous les niveaux - lutte des classes, lutte sexuelle - pour piéger son maître. La lutte des classes vire à la descente aux enfers. Les miroirs déformants, partie intégrante du décor, personnage à part entière, réfléchissent la réalité tout en la défigurant. Les masques finissent par voler en éclats et le maître rampe au sol, à l'instar d'un insecte.
 
 


 

Contenu fourni par muriel et publié le 01/09/2003 14:42:31




I love snuff

 

Résumé du film :
un couple qui veut faire chanter leur voisin et qui pour cela séquestre sa femme. Et le mari qui ne paie pas parce que les cassettes vidéos envoyées le font bander.
1996: production et réalisation: Costes et Piérog; musique: Costes; interprètes: Sandrine Anzagoth, Costes, Pascal Keller, Quentin Rollet, Rose. Dès la première image du film, il paraît évident que I Love Snuff allait être différent de tout ce que nous avions pu voir auparavant.

La première image du film est splendide et résume à elle seule le climat du film en nous mettant tout de suite dans l'ambiance. Un sexe féminin posé sur un sexe masculin. Il s'agit d'un couple qui ne s'entend pas sexuellement, mais alors pas du tout. Cela se comprend puisque le mari est impuissant, et cela fait dix ans qu'il n'a pas eu d'érections. La femme, Rose, hurle de rage et le mari impuissant crie des insanités encore plus immondes pendant qu'elle se rhabille pour quitter l'appartement. Deuxième scène, les voisins: elle, La Dominatrice (Sandrine Anzagoth), frappe violemment son mari, Le Travelo Sadique (Costes), lors d'une séance sado-maso. A son terme, la Dominatrice engueule violemment son mari car il est, selon elle, "une merde", incapable de supporter les coups de fouet qu'elle lui impose et de subvenir au besoin du couple. Elle décide donc de l'habiller en "folle" et de le mettre sur le trottoir... en ayant eu soin de lui faire faire, sa crotte au préalable, comme un chien. Après quelques mésaventures avec les homos du coin qui volent le sac à main du Travelo Sadique, La Dominatrice, dépitée par la piètre performance de son mari, décide d'enlever Rose qui passe justement par là, afin de demander une rançon à son mari, le Branleur Impuissant (Pascal Keller). Ils l'attachent donc dans la cave, et font une vidéo d'elle pour l'envoyer au mari afin qu'il ne puisse pas douter une seule seconde du sérieux des ravisseurs. Malheureusement, le mari trouve du plaisir à voir sur la cassette sa femme attachée et frappée. Logiquement, il refuse de payer la rançon, et les voisins SM s'énervent... Ils torturent plus sauvagement la pauvre Rose tout en refilmant leurs méfaits. Ils renvoient une cassette au mari. Celui-ci réussit, en la visionnant, à avoir sa première érection depuis dix ans, ce qui ne l'incite pas plus à payer la rançon. Les voisins SM en ont cette fois ras-le-bol, et décident d'en finir une fois pour toute en filmant la mort de Rose, ce qui nous donne droit à un final grandiose, un hymne à la violence, à la cruauté, à l'éjaculation faciale, mais aussi à l'amour, quelque part.

Dans I Love Snuff, on chie, on pisse, on se frappe, et tout ça en gros plan et pour de vrai. I Love Snuff est par conséquent l'un des premiers films SM et uro-scato à raconter une histoire. Mais ce n'est pas suffisant pour faire un bon film, et les auteurs en sont tout à fait conscients. On pourra donc s'étonner de rencontrer des acteurs aussi bons dans une production amateur. Que ce soit La Dominatrice, Le Travelo Sadique ou Rose, tous jouent leur rôle quasiment à la perfection, à l'exception près du Branleur Impuissant qui n'est pas toujours tout à fait crédible. Cependant, son jeu passe parfaitement bien, car il s'inscrit dans le climat du film. Un climat terriblement frénétique, où tout va à cent à l'heure. Pas une minute de répit nous est accordée, et le film va droit au but, sans s'encombrer de scènes mineures. De toute façon, les personnages sont vite ciblés car caricaturaux. D'ailleurs, I Love Snuff est une véritable caricature de l'image que l'on peut avoir sur les gens pratiquant le sado-masochisme. La maîtresse sado-maso est véritablement dominatrice, et le Travello-Sadique on ne peut plus sadique, et effrayant.

A la fin d'une vision de I Love Snuff, on reste bouche bée, avec l'impression d'avoir pris bien plus qu'une baffe dans la tronche. Le rythme frénétique du film appuyé par la violence des tortures et la folie complètement débridée dans laquelle baigne l'oeuvre, fait que l'on a l'impression d'un harassement à la fin. De plus, la bande sonore très bruyante dûe aux cris incessants de Rose torturée, des bourreaux qui crient de plaisir presque autant que Rose de douleur, et ceux du Branleur Impuissant, fou de joie de pouvoir enfin connaître la jouissance, exagère encore ce sentiment de frénésie contagieuse. Ce n'est que lors des dernières images libératrices de ce véritable chaos hallucinant que l'on respire enfin. On a l'impression d'une véritale descente aux enfers tout au long du film, grâce, encore une fois, à la vitesse avec laquelle les scènes s'enchaînent, et grâce aussi à la musique qui martèle, qui scande. On ressent une bouffée de soulagement quand arrive enfin les dernières images, d'une sérénité absolue.
Bercée d'une musique magnifique, apaisante et romantique, la caméra s'appesantit sur le corps noyé de sperme du Branleur Impuissant, sur la vie paisible près de l'immeuble, et enfin sur une fleur précise, une rose. Cette scène contraste admirablement avec le reste du film, effréné et nous laisse anxieux. C'est une fin grandiose, tout comme la scène précédente de la mort de Rose. Rose qui meurt dans d'affreuses souffrances, sur l'ordre de La Dominatrice qui pousse son mari à la tuer alors qu'il l'aime. La scène est forte, car on ressent intensément les émotions du Travelo Sadique, tout comme la douleur de Rose, ainsi que la jouissance de La Dominatrice qui se masturbe au même moment que le mari devant sa télé. Les couples se forment donc virtuellement (la Dominatrice avec le Branleur Impuissant et Rose avec Le Travelo Sadique) et nous donne l'impression que la vie est finalement bien moche de ne pas avoir réuni les bonnes personnes, qui ne sont pourtant que voisins. Les deux scènes ne se déroulent évidemment pas au même moment, mais c'est ici LA grande qualité technique de I Love Snuff. Ce film est magnifiquement construit. Des scènes qui dans le temps découlent les unes des autres, sont ici mises en parallèle, comme si elles se déroulaient en même temps, parce que justement, elles se correspondent. C'est audacieux et réussi. En effet, de par sa construction, il ne devait pas être facile d'enchaîner ces séquences qui n'évoluent pas ensemble. Piérog et Costes y sont pourtant parfaitement parvenus, et le film, qui se déroule sans ancrage temporel, en devient encore plus dérangeant.
Pourtant, il ne faudra pas, dans I Love Snuff, faire attention aux faux raccords qui sont légions, au support sur lequel il est tourné (en vidéo), tout comme aux protagonistes qui parfois changent de tête au fil de l'histoire (il faut se rappeler que la durée du film s'étend sur deux ans). Ce ne sont que des détails, car ils passent quasiment inaperçus, grâce au rythme frénétique du film qui ne nous laisse pas une seule seconde pour remarquer ces erreurs. La musique, de Costes, est également l'un des points forts de I Love Snuff, tour à tour dramatique, puis hilarante. Elle est très présente. Souvent, elle s'envole vers des aiguës insoutenables, ou sombre dans des sons dérangeants, lourds, ou bien, à la fin se montre digne d'une scène bucolique paisible, douce et ensorcelante, rendant la dernière scène encore plus contrastée et terrible, placée tout de suite après la folie musicale de la jouissance des autres, et de la mort de Rose. Nul doute que le travail de Costes a porté ses fruits pour rendre le film encore plus attrayant. Il y a encore une scène que l'on ne pourra pas manquer de mentionner. Un rêve complètement hallucinant dans lequel le Branleur Impuissant voit son pénis grandir démesurément et le gland se transformer en sa tête. L'effet, peut-être un peu trop long, est réalisé grâce au morphing et sert tout à fait le film. La scène se déroule sous nos yeux ébahis et sur une musique techno volontairement kitsch. C'est complètement original et ça laisse sans voix.

Par contre, il y a un paradoxe dans I Love Snuff (sans doute voulu, cependant). Il y a cette volonté de faire du trash, car I Love Snuff se veut avant tout une comédie. En effet, on rit devant ce film, devant ses situations tellement caricaturales. Evidemment, tout le monde ne se fendra pas la poire en voyant le cul de Costes secrétant ses excréments, et parmi ceux qui ont l'esprit le plus ouvert, il faudra aussi avoir le coeur bien accroché. C'est trop gros pour prendre ce film au sérieux, et pourtant, et pourtant... pourquoi ne pas essayer. Certaines scènes sont en effet tellement graves dans l'horreur qu'elles ne font pas rire, mais alors pas rire du tout. On peut commencer par donner un exemple. Dans leur intimité de couple, la Dominatrice veut offrir une petite gâterie à son soumis. Elle s'accroupit sur le Travelo Sadique. Il est couché par terre et boit jusqu'à la moindre goutte l'urine de sa maîtresse. Il est tellement content qu'il crie: "j'ai joui. C'était tellement bon que j'ai pas pu m'en empêcher". Alors, la caméra descend le long du corps de Costes. On s'attend bien évidemment à voir du sperme sur son ventre. Eh bien, non... Justement, sa jouissance a été de vider sous lui le contenu de ses intestins. La surprise est totale, l'idée originale, c'est magnifique. Moins drôle, et comme on l'a déjà dit, le jeu de Rose est poignant, atrocement crédible et sert de tremplin à celui de Costes. Lors des scènes de torture, les cris de Rose nous lacèrent le coeur, mais la folie furieuse du Travelo Sadique nous laisse mal à l'aise. Costes joue avec la jouissance d'un fou. Il est extrêmement impressionnant. Heureusement, tout cela n'est qu'une fiction artistique. C'est vrai, le jeu de Costes oscille entre l'horrible et les pitreries. La dernière scène, absolument terrible et tout à fait sérieuse, porte en elle de l'émotion. Elle est extrêmement forte et nous renforce dans l'idée que I Love Snuff est quelque part un film bâtard, oscillant entre le scabreux fait pour choquer et rire et le potentiel hautement dramatique de certaines situations. Sans ces scènes volontairement grossières et drôles, I Love Snuff aurait sans doute pu être le choc de l'année.

 
 


 

Contenu fourni par Animatrice et publié le 05/09/2003 12:52:29




The Servant

 



Robin Maugham écrivit un roman sur le thème de l’esclave et du maître.
Losey rencontra Pinter et ensemble, ils l’adaptèrent.
Résultat : un film magnifique et une reflexion sur la servilité.
Servie par le scénario brillant de Pinter, la mise en scène soignée de Joseph Losey et l'interprétation de Dirk Bogarde, cette version moderne du mythe de Faust joue avec une intelligence perverse sur l'ambiguïté des êtres, le jeu des apparences, les notions de domination et d'asservissement.
The Servant est l'œuvre la plus emblématique du plus british des cinéastes américains, Joseph Losey qui livre ici un véritable joyau. Noir.
C’est une fable redoutable sur la dialectique maître / esclave servie par une interprétation remarquable de Dirk Bogarde et restituée à la perfection par les plans aux perspectives déformées, effets de miroir, contre-plongées inquiétantes, autant de figures de style qui représentent l'état psychologique des personnages.
La performance des acteurs que sont Bogarde et Fox est remarquable. Un des films majeurs de Losey. Un chef d'oeuvre du cinéma britannique des années 60, Palme d'Or et Grand Prix du Jury à Cannes.




L’histoire est la déchéance d'un jeune aristocrate sous l'emprise de son domestique. Bogarde, valet de chambre méphistophélique impeccablement cravaté, subjugue lentement l'aristocrate veule qui l'a pris à son service.


Synopsis:

A londres, Tony, un aristocrate riche et brillant vivant dans une luxieuse demeure du XVIIIème siècle, engage Hugo Barret comme domestique. Ce dernier, discret, compétent et stylé, entoure son maître de prévenances , prend de l’ascendant sur lui et réussit à se rendre indispensable en profitant de sa faiblesse.
Tony est un être fragile, superficiel, qui ne s'entend pas vraiment avec sa fiancée Susan. Fasciné, subjugué, il cède lentement à une attirance toute cérébrale qui fait de lui le jouet de Barret.
De concession en compromission, le valet de chambre machiavélique va exercer une étrange emprise sur le jeune homme et ira jusqu’à le dominer totalement, le menant à la déchéance, à l’abjection.

Les rapports maître-esclave, les dominations sexuelles et l'homosexualité sous-jacente sont très bien représentés dans cette oeuvre aboutie.
 
 


 

Contenu fourni par muriel et publié le 07/09/2003 17:09:07




9 semaines et 1/2

 

Elizabeth travaille dans une galerie de peinture. Depuis qu'elle est séparée de son mari, elle vit dans le même appartement que Molly, sa grande amie, employée dans la même galerie. Un jour, dans la rue, Elizabeth aperçoit John dont le sourire la fascine. Après plusieurs rencontres fortuites, il l'invite à dîner. Puis, il l'emmène chez un ami dans un bateau sur l'Hudson. Mais Elizabeth n'est pas prête à se donner à lui. John et Elizabeth néanmoins se revoient. Et elle finit par être à lui dont la jouissance passe par quelques jeux particuliers... Il pousse le jeu érotique jusqu'aux limites de l'esclavagisme sexuel et du sadomasochisme. La jeune femme dévoile une sensualité de plus en plus intense, durant... 9 semaines 1/2.
Un duo inoubliable se livrant à des jeux plus "hot" les uns que les autres : Mickey Rourke couvrant Kim Basinger d'huile, cette dernière faisant un strip-tease (culte !) sur Joe Cocker...
Des moments d'anthologies pour un drame ne sombrant jamais dans la vulgarité.


9 semaines ½ devint culte dans les années 80. Le film fit surtout de Kim Basinger le sex-symbole de la décennie avant que Sharon Stone ne vienne la déposséder de son trône à coup de pics à glace en 1992.

Il existe une suite sans interet à ce film, Love in Paris sorti en 97.
 
 


 

Contenu fourni par muriel et publié le 08/09/2003 00:33:16




Histoire d'O

 

film de Just Jaeckin 1975 Adaptation du roman de Pauline Réage et scénario de Sébastien Japrisot. Interprètes. : Corinne CLÉRY (O), Udo KIER (René), Anthony STEEL (Sir Stephen), Jean GAVEN (Pierre), Christiane MINAZZOLI (Anne-Marie),


Résumé

Un jour, son amant fait monter O dans une voiture, exige qu'elle ôte son slip et son soutien-gorge et l'emmène à Roissy, dans un étrange château où elle est livrée à des hommes masqués portant cravache à la ceinture. Ils usent d'elle comme ils le veulent, la violent, l'attachent, la fouettent, la torturent. Elle n'a le droit ni de parler, ni de fermer les jambes. Elle est ainsi offerte continuellement. Si, au début, elle s'affole ou craint le supplice, elle ressent bientôt une satisfaction trouble. C'est son amant René qui l'a ainsi prostituée et puisqu'il le veut, puisqu'il l'aime ainsi, elle est heureuse. À sa sortie de Roissy, O est donnée par René à Sir Stephen avec qui il entretient des relations ambiguës. Sir Stephen, homme froid et dédaigneux, prend O avec brutalité, mais elle se soumet à ce nouveau maître comme elle l'a fait avec René. Elle accepte toutes ses exigences, ses humiliations, ses coups de cravache. Sir Stephen l'offre à ses amis : Yvan, le commandant et l'envoie chez Anne-Marie pour y parfaire son éducation. Là, en compagnie d’autres jeunes femmes, on lui perce une lèvre de la vulve pour y passer un anneau de métal gravé au nom de son maître et on lui marque le bas des reins au fer rouge avec les initiales de Sir Stephen. Ainsi nue, portant un masque de chouette, exposée comme une bête docile et fière de son esclavage, elle assiste, aux yeux de tous, à une soirée organisée par le commandant. Chez le maître, Sir Stephen et O se déclarent mutuellement leur amour. Il accepte à son tour d'être marquée par elle. O lui appuie sur la main sa cigarette incandescente.

Commentaire

Cette histoire de découverte de plaisirs nouveaux (sado-masochisme, saphisme et esclavage érotique) pour une jeune femme offerte par son amant aux fantasmes d'autres hommes, est d'abord une entreprise commerciale qui vise à exploiter le succès sans précédent d'Emmanuelle, tourné par le même réalisateur 3 ans plus tôt. En effet, le roman de Pauline Réage a connu la même renommée, le même parfum de scandale que celui d'Emmanuelle Arsan.
Aussi pour le film ; grands moyens, publicité tapageuse, même réalisateur : Just Jaeckin avec sa photo léchée, ses décors somptueux, style magazine de grand luxe. Mêmes prétextes et déclarations d'intentions : profiter de la libération des mœurs et de la libéralisation de la censure pour sortir de la pornographie vulgaire, faire du beau, de l'érotisme véritable, de l'esthétisme, enfreindre les sujets tabous, permettre à tous de voir en film ce que seule une élite avait pu lire. Sauf que le réalisateur est loin de garder l’aspect subversif du livre. Avec Histoire d'O - le film, on tombe dans le plus plat conformisme des productions courantes. À la fin, Sir Stephen et O sont dans les bras l'un de l'autre et se déclarent leur grand amour mutuellement et il accepte, à son tour, d'être marqué par elle comme elle a été marquée par lui. C'est ridicule et révoltant pour tous ceux qui ont lu le roman. Cette fin cinématographique fait du film de Just Jaekin une Histoire d'O de l'année de la femme.Ce qui est grave ce n'est même pas la trahison de l'œuvre littéraire, c'est de laisser croire à une œuvre libératrice, subversive, alors qu'il s'agit finalement du film le plus conformiste. Quant aux détails, certains valent d'être relevés pour leur caractère ridicule. Ainsi, après Roissy, les scènes de torture… O, rentrant chez elle, s'écrie : " Ho ! que je suis contente de me retrouver chez moi ".

 
 


 

Contenu fourni par Animatrice et publié le 13/09/2003 22:59:38




La pianiste

 

Outre les Prix d'interprétation masculin et féminin attribués à Benoît Magimel et Isabelle Huppert, La Pianiste s'est vu décerner le Grand Prix du Jury lors du Festival de Cannes 2001.

Vienne aujourd'hui, sur les airs de Schubert, de Bach et de Beethoven. Michael Haneke filme la violence au sein d'un duo sadomasochiste formé par un étudiant et son professeur de piano. Lui (Benoît Magimel) est un séducteur téméraire; elle (Isabelle Huppert) est une femme enfermée dans une relation névrosée et exclusive avec sa mère. À la fois tragique, terrible et comique, *La Pianiste* est un étrange voyage - entre bestialité et sauvagerie - dans les bas-fonds de leur relation.


Voici ce qu'en dit Daniel Chocron:

Adapté du roman controversé de la romancière autrichienne Elfriede Jelinek, la Pianiste est un film coupant comme un scalpel qui dénude les âmes. Son compatriote, le cinéaste Michael Haneke nous dépeint l'existence d'Erika Kohut, professeur de piano au Conservatoire de Vienne qui vit avec sa mère, une relation exclusive fondée sur un rapport de soumission. Erika est déjà morte en son for intérieur. L'amour n'a pas de place dans sa vie mécanique. Ses sorties nocturnes dans les peep-shows et les cabines de visionnage de films X constituent sa seule sexualité. C'est une souffrance insupportable mêlée de masochisme et de frustration qui structure le caractère du personnage. Jusqu'au jour où un de ses élèves lui déclare sa flamme. Commence, alors, un jeu de séduction sado-masochiste. Le cinéaste raconte avec une violence extrême le récit de cette histoire d'amour marquée et le portrait de cette femme névrosée. Avec une froideur clinique, il autopsie la peur, puis le débordement de son héroïne trop longtemps frustrée qui confond fantasme et amour. L'action du film est sublimée par la musique omniprésente et qui constitue un personnage à part entière, ce qui est une nouveauté dans l’œuvre du réalisateur. Mais bien évidemment, ce qui fait la force trouble et énigmatique du film est Isabelle Huppert, sans doute notre plus grande actrice hexagonale. Sa composition est proprement éblouissante, s'effaçant devant un personnage impressionnant de dureté : Elle est au sommet de son art.
La violence, l'atmosphère de mort et de folie qui règne tout le long du film est, certes, faite pour créer un malaise chez le spectateur : mais c'est, avant tout, un film qui renvoie le spectateur à lui-même.
C'est un film, une expérience, assez impressionnante qui mérite le détour loin des polémiques.
 
 


 

Contenu fourni par muriel et publié le 28/09/2003 22:53:41




SADE

 

LE DIVIN PRISONNIER
Oui, j'ai été libertin. Tout ce qu'on peut concevoir dans ce
genre-là, je l'ai fait. Mais je ne suis pas un criminel, pas un meurtrier.
Il n'y a pas d'idée sans corps, et pas de corps sans idées.

Une odeur de souffre plane à la seule évocation du nom de Sade, auteur controversé du XVIIIe siècle, ayant laissé son nom à une pratique sexuelle violente et destructrice. On croit tout connaître du divin marquis, tant les biographes ont été inspirés par sa vie rocambolesque et agitée.

Pourtant, une période de sa vie reste obscure, car on manque de documents pour savoir ce qui s'est passé lors de son incarcération à la maison de santé de Picpus, sorte de ghetto pour nobles en pleine période révolutionnaire.

Fort de cette ignorance, Benoît Jacquot a choisi de se pencher sur cette année 1794, pour nous offrir une biographie imaginaire de l'auteur de Justine. Mais si Sade est au coeur du film, ce n'est pas moins qu'une évocation de la société révolutionnaire que nous offre le réalisateur. Grâce à une mise en scène classique, des décors plus que réalistes et un casting plus que parfait, Jacquot nous transporte dans une période clé de l'histoire française: celle où le peuple s'émancipe et extermine sa noblesse. Sade, dans toute sa complexité, résume à lui seul cette phase transitoire et terrifiante de la société française.

Homme libertin, immoral, noble de surcroît et mis au ban de sa caste, le divin marquis a bien du mal à se faire une place dans le microcosme où il est projeté malgré lui. Les nobles l'abhorrent, les révolutionnaires le craignent, mais la fascination qu'il exerce, de part sa personnalité hors norme et anachronique, lui vaut finalement l'admiration de ses pairs. Dans le mouroir où il est incarcéré, il saura insuffler la vie et rendre l'espoir à des hommes et des femmes pourtant voués pour la plupart à la guillotine.

Daniel Auteuil incarne magistralement le marquis impétueux, plein de fougue, de vices et de mystères, provocateur en diable et ayant voué sa vie à la dépravation et à la luxure, ne cachant rien de ses vices dans une noblesse qui se veut bienséante mais qui ne pense qu'à assouvir ses désirs sexuels tout en restant cachée. La mort est le quotidien de Picpus, en particulier lorsque les révolutionnaires y installent une fosse où ils jettent les guillotinés, et pourtant, Sade saura animer le couvent et donner envie à ses partenaires de cellule (dorée, certes, mais prison
quand même), de croire en un avenir plus rose.

L'intérêt majeur du film réside en ce contraste entre la sulfureuse réputation de Sade, et son effort constant pour animer un univers morbide. Mais il ne faut pas oublier l'interprétation magistrale de l'ensemble du casting, et nul doute que le duo Auteuil-Denicourt est en passe de devenir un des couples sacrés du cinéma français...
 
Bob Flanagan

 
L'auteur et sa femme (sa Maîtresse) jouent leur propres rôles.
Scènes insoutenables
Autant prévenir, sa mort est filmée en direct.
Bob Flanagan, Supermasochiste

La vie de Bob Flanagan parcourt les frontières du mal. Il l'a articulée autour de la douleur imposée de sa maladie (la mucoviscidose) et de la douleur contrôlée du masochisme. "Je suis né avec une maladie génétique de laquelle j'étais supposé mourir à deux ans, puis à dix ans, et enfin à vingt ans, et ainsi de suite, mais je suis toujours là. Et dans une bataille sans fin non seulement pour survivre, mais aussi pour atténuer ma tenace maladie, j'ai appris à combattre le mal par le mal."
On pourrait, a priori, comparer Flanagan à Jean-Louis Costes, par le côté borderline de son travail et sa capacité à produire des réactions extrêmes. Mais Costes joue un numéro alors que Flanagan avait érigé son authentique masochisme en expression artistique. Condamné dès l'enfance par la mucoviscidose, Bob Flanagan subit dès ses premiers moments de longs et
douloureux traitements. La gêne respiratoire, les infections, les complications diverses, l'amènent à faire de nombreux séjours à l'hôpital, sa "maison loin de chez lui," et le dépossèdent de son corps. Le petit Bob souffre d'un corps trop médicalisé, trop instrumentalisé, un corps comme en dehors de lui, un corps en trop. Très vite, la masturbation devient pour lui un moyen de passer le temps et de tirer du plaisir de ce corps essentiellement vécu à partir du mal qu'il lui procure. Et le petit garçon construit progressivement une curieuse relation entre la douleur et le plaisir, entre la soumission et le désir de résister. Assigné à résidence dans son corps malade, il apprend à en jouer. "Négociant en permanence avec ma pseudo-vie menaçante, les défis du SM me permettent de composer avec ma maladie." Ainsi, condamné à mourir à 20 ans, il meurt à 43 ans en 1996, parvenant, grâce à sa volonté, à sublimer sa maladie pendant un temps. Car la volonté de Flanagan était exceptionnelle, lui permettant de reprendre le contrôle de son corps en s'infligeant de multiples sévices : gravures, piercings, branding, déformations et modifications - partout, même, et surtout, là où ça fait mal… Par exemple, après s'être percé le gland de deux épingles, il consigne dans son Fuck Journal : "Quelle impression de contrôle sur mon propre corps, et ça me fait bander." Le processus était simple : il imaginait une situation contraignante ou douloureuse, s'y préparait, et n'avait de cesse de la vivre. Ainsi, Flanagan pouvait-il ordonner son corps soumis au désordre et aux aléas de l'évolution de la maladie.
De ce fait, si elle est dérangeante, l'œuvre de Flanagan n'est pas gratuite. C'est une exploration de la douleur et de la mort, une reprise en main de son corps et de sa vie. Le passage aux performances scéniques n'est pas le fruit d'une décision délibérée. "Je suis entré dans l'art par la porte de service," plaisante-t-il. Il est en fait le résultat d'un parcours personnel dans le masochisme qui aboutit à ces performances. Et en nous renvoyant à nos propres angoisses vis-à-vis de la douleur et de la mort, Flanagan pose des questions universelles sur la culpabilité, la sexualité et notre rapport au corps. Tout en franchissant une étape supplémentaire dans le contrôle du sien : "Il n'y a aucun frisson lorsque je me cloue le scrotum sur une planche quand je suis seul. Mais le faire sur commande, devant un public, c'est toujours une sensation extra."
Why *
Parce que ça fait du bien ; parce que ça me donne une érection ; parce que je suis malade ; parce que la maladie était trop dure ; parce que je dis baise la maladie ; parce que j'aime l'attention ; parce que j'ai souvent été seul ; parce que j'étais différent ; parce que les enfants me battaient sur le chemin de l'école ; parce que j'étais humilié par les bonnes sœurs ;
* Court extrait du poème Why, répondant à la question que se posait Bob Flanagan de savoir pourquoi il était impliqué dans le SM (traduction de Philippe Liotard)
> Dans le n° 5 de la revue Quasimodo ("Art à contre-corps" à lire sans hésitation, comme toutes les autres publications de cette structure), Philippe Liotard propose un long et passionnant article sur Bob Flanagan "Bob Flanagan : ça fait du bien là où ça fait mal". Quasimodo - BP 4157 - 34092 Montpellier Cedex 5
> Toutes les citations de Bob Flanagan sont extraites de l'une des six interviews rassemblées dans "Bob Flanagan, Supermasochist", RE/Search ("People Series : Volume 1"), San Fransisco, 1993
> Librairie Un Regard moderne, 10, rue Gît le cœur, 75006 Paris
> Bob Flanagan, Fuck Journal, Hanuman Books (1987)



 
 


 

Contenu fourni par Dame et publié le 25/11/2003 06:33:28




Le jour du peintre

 

Le voyeurisme d'un peintre, son regard sur le modèle féminin., tout ce que le film "la belle noiseuse" ne montre pas..
Le spectateur reste le seul héros de ce film à travers l' oeuvre des plus grands peintres.
C'est un beau film d'aventures érotiques.. Mais ce que j'ai apprécié par-dessus tout c'est comprendre enfin, tout le sens du mot "voyeurisme", si cela reste dans la lignée du Sado/masochisme, puisque il nous est demandé de cocher ce mot dans nos pratiques sur profil..
En même temps, il n'est pas désagréable de revoir l'origine du monde de Courbet, ou les poseuses de Seurat (voir photo).
Un film allemand de Werner Nekes (film documentaire érotique et culturel qui ne peut laisser indifférent)
 
 


 

Contenu fourni par Dame et publié le 29/11/2003 18:18:58




LA VENUS A LA FOURRURE

 

La Vénus à la Fourrure est l'œuvre maîtresse de Leopold von Sacher-Masoch, l'écrivain autrichien du XIXème siècle qui a donné son nom au “masochisme”. Ce film en est une adaptation magistrale.
L'action s'organise autour d'un couple. Severin von Kusiemski propose un contrat à Wanda von Dunajex, qui finit par l’accepter : il sera dorénavant son esclave, répondra au nom de Gregor et se pliera à ses moindres désirs. Seuls eux deux parlent, et ce qu'ils disent résonne dans un anglais épuré, comme engourdi par l'atmosphère (peut-être est-ce le résultat de cours de diction qu'ont probablement dû suivre les acteurs hollandais pour faire disparaître tout accent étranger, mais cela ressemble tout à fait à un effet de style). Tous les autres personnages sont muets ou presque. Un seul autre a en quelque sorte droit à la parole car il ouvre la bouche une fois sans que les sons ne nous parviennent (à travers la vitre d'un compartiment de train), et une autre fois ses paroles s'évanouissant dans l'air jusqu'à nous parvenir assourdies. Mais celui-là se trouve être un personnage un peu tiers : il est pour ainsi dire un mobile de la souffrance car il rend Severin jaloux. Ainsi, l'intrigue se referme sur les rapports entre deux êtres mus par une passion singulière.

Autour d'eux est créé un univers esthétique particulier. Dans un parfait noir et blanc, les corps nus sont montrés sans aucune pudeur ou hésitation. Mais on n'entre jamais dans l'obscène, on reste dans le beau et le pertinent. Cette beauté crue et sans fards fait donc du film une œuvre à part entière artistique, c'est-à-dire basée sur la recherche du beau et de sa création. Les plans, tels des tableaux-photos, sont extrêmement soignés et des images nous saisissent le cœur. Par exemple, la fumée de sa cigarette se détachant sur un fond noir, Wanda, dans un demi profil, nous jette un regard insolent. Ou bien, elle mange une cerise et, sur ses lèvres, une goutte de jus prend l'apparence d'une larme de sang.

Parlons davantage de Wanda. Son corps sculptural et son visage espiègle orné de boucles d'or nous offre une représentation très personnelle de la beauté divine. Mais, parallèlement à elle, ses atours semblent détenir un rôle tout aussi important.
Ainsi, le fétichisme prend une place considérable dans le film. Un long manteau de fourrure couvre le corps de la vénus, nu la plupart du temps. Les chaussures qu'elle porte sont aussi un élément indissociable des fantasmes de Severin. On garde en mémoire un gros plan leitmotiv sur ces chaussures de velours noir et à hauts talons montant les marches en pierre d'un palais antique. De la même manière, elles semblent s'apparenter à la domination, c'est-à-dire au plaisir. C'est ce qu'on peut voir dans la première scène vraiment explicite. Renonçant provisoirement à flageller son esclave, Wanda se déchausse mais celui-ci les lui remet aussitôt aux pieds, en même temps qu'il lui remet le fouet en main. Fourrure et chaussures apparaissent donc souvent pour symboliser ce système de soumission-domination. Lorsque aux pieds d'un escalier, Gregor nettoie le sol à la façon des ménagères d'autrefois (comme par exemple Mary Reilly dans le film de Stephen Frears), Wanda et son amie descendent, et on entend retentir longuement sur les marches leurs talons jusqu'à les voir apparaître puis sortir, toutes les deux vêtues de fourrure et tournant le dos à la caméra. On peut alors penser que cela matérialise l’opposition des statuts : Severin, soumis, est courbé sur ses genoux et Wanda le domine, surélevée par ses talons et l’escalier.

Il est ensuite indispensable de s'attarder sur le personnage de Severin, car le film est construit sur un schéma subjectif. Il s'ouvre et se ferme sur la même image : Severin, assis la tête entre les mains sur les marches du palais, semble plongé dans une profonde méditation. On s'imagine de ce fait plongé nous aussi dans son dédale de pensées. D'ailleurs, à l'intérieur même de ce labyrinthe, les repères temporels sont brouillés pour la plupart. On se sent toujours entre le rêve, le fantasme et le souvenir sans jamais savoir ce qu'il en est réellement. Ainsi, après la signature du contrat, on entend en off la voix monocorde de Severin par-dessus un plan cinématographique plutôt classique mais qui fait toujours autant d'effet : une plongée sur des rails, vus d'un train en marche. Aussitôt après, on voit notre héros en costume de contrôleur qui regarde ses souvenirs par la fenêtre entrouverte en attendant les ordres de sa maîtresse. Cette scène est interrompue par d'autres jusqu'à ce qu'une nous fasse comprendre qu'elle se trouve dans la continuité du récit. C'est la seule sorte de repère auquel on peut se raccrocher.
De plus, un véritable fantasme se glisse dans une scène particulièrement onirique. Severin est d'abord poursuivi par trois femmes noires en tenue d'indigènes puis il est attrapé et attelé à un chariot. Bien entendu, on le fouette pour qu'il avance, tel un animal docile. On comprend que le thème de la bête domestique n'est pas sans importance : Severin semble apprécier être tenu en laisse par ses tétons et se retrouver nez à nez avec un cheval, comme pour dialoguer. C'est d'ailleurs le principe qu'énonce Wanda, son esclave peut aussi bien être "a man, an animal, or a thing".

On assiste enfin à une progression dans l'érotisme. Après quelques hésitations face à la bizarrerie de la chose, Wanda prend goût à ces pratiques et devient une parfaite dominatrice. Ainsi le cycle de jeux sexuels débute sur quelques faiblesses : après avoir brutalement ordonné à Severin de se mettre à genoux, Wanda se met à pleurer. Plus tard, les mêmes actes sont répétés mais dans le sens inverse (c’est Severin qui demande à Wanda de se mettre à genoux et qui se met à pleurer devant son refus, honteux d’avoir osé donné un ordre), créant de cette manière un écho entre les deux scènes. Mettant en valeur l’évolution suivie par le film, un système de parallélisme s'établit entre ces deux scènes d’hésitation et la scène finale, qui elle-même fait écho à la scène de l’escalier dont nous avons déjà parlé : dans de magnifiques effets de lumière, Wanda et son amie, toujours en talon mais cette fois nues, se retournent et sortent. Cette scène finale, c'est la jouissance ultime car elle porte la souffrance à son paroxysme : bondage et marquage au fer rouge sont au rendez-vous dans une cérémonie solennelle et porteuse d'émotions.
Peu à peu, se dessinent donc les grands principes sur lesquels repose le plaisir masochiste. Il s'agit avant tout de franchir les limites afin de se retrouver dans des postures toujours plus ridicules et humiliantes : par exemple, dans une scène splendidement érotique, Severin lèche le corps de sa vénus, toujours chaussée, et sa langue n'hésite pas à explorer jusque ses semelles. Paradoxalement, le masochisme semble aussi reposer sur une constance de l'inachevé. C'est ce qu'exprime la voix off de Severin, par ailleurs artiste torturé : tout comme en art il est incapable d'achever ses œuvres (“ I am a dilettant ”, dit-il), en amour il n'aboutit jamais. Au contraire, le plaisir naît plus dans le désir perpétuel que dans la concrétisation. Et, finalement, lorsque l'on apprend l'origine de la perversion, on comprend que ses fantasmes consistent en l'imitation d'un acte perturbateur qui prend racine dans l'enfance. On imagine alors que Sacher-Masoch doit être un auteur bien apprécié des psychanalystes. Hanté par le mal-être, notre héros chercherait dans ces pratiques une façon d'être autre, de se voir dépouiller de sa personnalité par la soumission et l'humiliation, comme nous l'indique la substitution des prénoms Severin/Gregor.
Venus in Furs est donc une adaptation très riche qui met probablement en valeur les enjeux du livre original, puisque ses images dissimulent un sens profond et un grand nombre d'interprétations sous-jacentes.

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De Maartje Seyferth et Victor E. Nieuwenhuis avec Anne van der Ven et Endré Arend van Noord
Film hollandais de 1994 qui a été primé à St Petersbourg . Il s'agit d'une libre adaptation de la célèbre nouvelle de l'écrivain autrichien Leopold von Sacher Masoch, écrite en 1869, "La Venus à la Fourrure" , qui est au masochisme ce que les écrits de Sade sont au sadisme. Il s'agit tout simplement d'un must pour les partisans d'un érotisme de qualité. Severin von Kusiemski est l'esclave. Wanda von Dunajew, nue sous son manteau de fourrure, est la maîtresse. Entre eux s'instaure un contrat établissant les bases d'une relation sado-masochiste des plus classiques. En apparence seulement, car un paradoxe s'est glissé dans leur situation. Severin von Kusiemski croit passionnément en son état de masochiste. Wanda von Dunajew agit plus par amour que par conviction sadique.
Sur cette trame, à un rythme lent et poétique, avec d'excellents gros plans soutenus par Mahler et Tchaikowski, chacun/e se laissera porter par une passion visuelle en partie basée sur l'extrême beauté du noir et blanc. Par le fait qu'une femme batte un homme, ce film fit scandale à Sao Paulo pour le plus grand plaisir des spectatrices au pays du masochisme ! Une belle adaptation où l'on appréciera une atmosphère érotique rare dans ce genre ainsi qu'un humour inattendu. A voir, peut-être même à vivre... Leopold von Sacher Masoch (1836-1895) Professeur d'histoire à l'Université de Lemberg, auteur de nombreux romans, contes et essais, dont cette oeuvre de1869 fut son roman le plus connu. Il a passé les dix dernières années de sa vie en psychiatrie
 
 


 

Contenu fourni par Dame et publié le 30/11/2003 21:59:08




FANTASMES (Lies)

 

Voilà bien un film qui ne mérite pas son titre, tant il semble réel (vu plusieurs fois). C'est sublime !
Ce film sorti sur les écrans en 2000, raconte la folle passion amoureuse entre une jeune fille de 18 ans et un homme d'une quarantaine d'années. Cet amour les amène progressivement parce que tout est plus fort, plus grandiose, dans l'univers SadoMasochiste. Les deux héros vivront en marginaux, complètement déconnectés de la société, d'hôtels en motels, dans des maisons inconnues, pratiqueront leurs jeux entre deux trains, en extérieur.. sans vraiment porter attention au monde qui les entoure. Nous avons le droit au fouet, coups de batons, planches, sodomie.. rien ne nous est épargné des pratiques SM. Mais la scène la plus forte reste quand même celle, où le dominateur, par trop d'amour.. dit à la jeune femme "Je suis ton esclave".. Certaines scènes sont prises de très près, ce qui ferait penser à un film d'amateur..
La jeune fille devient une fort belle femme.. et comme je reste une grande sentimentale, je n'ai pas aimé le mot "Fin" de "Fantasmes".
Lee Sang-Hyun, Kim Tae-Yon, Jeon Hye-Jin, Hyun-Joo Choi, Han Kwon-Taek
Réalisateur Jang Sun-Woo
 
 


 

Contenu fourni par Dame et publié le 06/12/2003 16:50:03



 


Une pléiade d'acteurs pleins de promesse gravitent autour des deux têtes d'affiche, notamment Isild Lebesco, qui n'est pas sans rappeler Isabelle Adjani à ses débuts, et qui incarne à merveille une jeune ingénue qui se laissera corrompre par le marquis...
Ajoutez à cela une mise en scène quasi parfaite, un scénario plutôt bien ficelé, et les lumières enchanteresses de Benoît Delhomme (qui a notamment travaillé avec Mike Figgis), et vous obtenez un film enchanteur dans lequel vous vous laisserez emporter avec plaisir et délectation. Et peut-être aurez vous l'envie ensuite de vous replongez dans l'oeuvre complète de cet homme qui n'a jamais été autant d'actualité.

 

 


 

Contenu fourni par Dame et publié le 09/11/2003 14:29:24




PREACHING TO THE PERVERTED

 

J'ai vu ce film trois fois.. Monde des nuits londonienne, univers de lesbiennes, d'homosexuels cotoient en parfaite harmonie des hétéro avides de plaisirs sans retour...
Une créature de rêve Dominatrice dirige un club fétichiste/BDSM. Les décors, images et costumes sont sublimes.
Un député conservateur virulent va s'adjoindre les services d'un jeune stagiaire pour infiltrer la maison du péché. C'est l'éternel problème de la censure et du consentement. Le jeune homme novice découvre inquiet, puis attiré ces gens étranges , cette dominatrice dangereuse.. qui s'avereront avoir un cœur… comme lui !
Scènes cruelles, troublantes.. et enfin émouvantes, telles que nous les vivons tous qui aimons par-dessus tout le plaisir découlant du rêve, de l'attente, de la douleur transcendée.
Stuart Urban, (GB, 1997, VO STF, 99', 35mm (K-Films) Avec Guinevere Turner, Christien Anholt


 
 


 

Contenu fourni par Dame et publié le 18/11/2003 06:42:20




MAITRESSE

 

Comment ne pas avoir pensé avant à ce film culte dans le monde SadoMasochiste ?

"MAITRESSE", c'est d'abord l'exceptionnelle Bulle Ogier dans un role assez audacieux.. Celui d'une femme dominatrice partagée entre ses activités vénales (superbe donjon équipé), et un amour absolu pour un cambrioleur qui s'était infiltré un jour dans son superbe appartement.

Les toilettes de Bulle Ogier sont sublimes. Le réalisateur Barbet Schroeder n'a pas hésité à s'entourer pour ce film, de vraies Maîtresses du monde parisien, ainsi que d'un homme masochiste (nullement acteur), bien connu à l'époque dans le milieu SM. A ce sujet, certaines séances extrèmes n'ont pas été épargnées..
Gérard Depardieu, Bulle Ogier, André Rouyer, Nathalie Keryan