Liza, ou comment devenir chienne Giorgio
a choisi de vivre, avec son chien Melampo, sur un îlot rocheux au sud de
la Corse. Il habite une sorte de bunker et, toujours accompagné de son
fidèle ami, passe ses journées à pêcher, cueillir des olives, peindre, se
promener ou faire des bandes dessinées. Un jour, une superbe jeune femme
blonde, désagréable et snob, Liza, abandonne ses compagnons de croisière
après s'être disputée avec son amant, et se rend sur l'île…Elle fait la connaissance de Giorgio, qui la traite avec indifférence, mais ils passent la nuit ensemble. Giorgio la ramene a terre mais Liza, obsédée par le lien entre le chien et son Maitre, revient, et tue son compagnon pour prendre sa place. Ce film de Marco Ferreri date de 1971. Il met en scene un couple mythique, Deneuve et Mastroianni. Piccoli bien sur y est également remarquable. Deneuve est superbe en chienne, dans un premier temps fière et indomptable, et ensuite prête à tout. Son collier, ses repas pris dans la gamelle, ses déplacements à quatre pattes ont marqué mon adolescence..
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Portier
de Nuit (Italie, 1974) : Ce terrible film d’une jeune émule de Visconti,
Liliana Cavani a provoqué un scandale à sa sortie, et une vive réaction de
Primo Levi lui-même (auteur de ‘Si c’est un homme’). Il montre les retrouvailles, à Vienne, en 1957, d’une ancienne déportée et de son bourreau, un ancien officier SS devenu portier de nuit dans l’hôtel où descend la jeune femme en compagnie de son mari, un grand chef d’orchestre. Le portier de nuit (Dick Bogarde) reprend sa domination sur celle qu’il a torturée en camp de concentration (Charlotte Rampling). Le thème du film est l’obscure fascination de la victime pour son tortionnaire (le SS avait violé la jeune fille, alors âgée de seize ans) Un parallèle S/m évident et dérangeant. Voici l’analyse qu’en fait Pascale Borenstein En réalisant Portier de nuit, Liliana Cavani fit scandale à plus d'un titre : le film traitait le nazisme non pas sous l'angle du phénomène collectif ou politique, mais sous l'angle d'une relation individuelle, mêlant la dépendance et l'amour, entre un homme et une femme, liés par un passé commun de bourreau et de victime. Vienne, 1957 : dans une ville où sont réfugiés des ex-nazis, une jeune femme, Lucia (Charlotte Rampling), mariée à un chef d'orchestre, arrive dans un hôtel. Max (Dirk Bogarde), le portier de nuit, reconnaît en Lucia une ancienne déportée d'un camp de concentration où il était chargé des interrogatoires en tant qu'officier SS. Il l'avait violée et en avait fait sa maîtresse. D'abord terrifiée et assaillie par les visions cauchemardesques de son passé, Lucia va progressivement retomber dans son passé morbide. Restée seule à Vienne, elle redevient la maîtresse de Max, et les amants renouent leur relation sado-masochiste. Ce qui dérange et met terriblement mal à l'aise, c'est la soumission de Lucia aux brimades, aux privations de liberté : autrefois victime menacée de mort, elle est à présent libre de refuser. Et, au contraire, elle est pleinement consentante. Devenue complice de son bourreau, elle participe de son plein gré aux jeux érotiques et pervers. " Cavani essaie de démonter le mécanisme de la fascination nazie. Ce film aux couleurs de la nuit épie les prestiges de messe noire, de conspiration cauteleuse, toute cette panoplie pour parfaits sado-masochistes que les nazis, experts dans l'art de la mise en scène et des costumes, avaient su porter à un haut degré d'efficacité. Cette descente aux abysses nous enfonce dans un monde où seuls comptent les rapports de force et les plaisirs qui découlent à les exercer ou les subir ", commentait Jean-Louis Bory. Le film fut interdit en Italie pour obscénité, vulgarité excessive des scènes montrant des rapports sexuels, atteinte aux bonnes mœurs, et Cavani fut accusée d'immoralité et de complaisance. Elle avait déjà fait scandale avec La Peau (tirée d'un roman de Malaparte), mais, avec Portier de nuit, elle avait franchi un pas supplémentaire : en voulant montrer " les côtés obscurs de l'âme ", analyser" le cannibalisme psychique ", elle montrait la séduction du bourreau, la fascination pour l'horreur (cf. Les Films à scandale, de Jean-Luc Douin, éditions du Chêne). Plus largement, Cavani montre la contamination du mal agissant comme une épidémie et mettant à égalité bourreau et victime. Le bourreau a sali la victime et l'a rendue complice et coupable.
Le mal est une tâche qui se répand. L'amour de l'ennemi revêt ici sa forme
paroxystique : les deux amants cherchent à s'enfuir ensemble et sont
abattus sur un pont au-dessus du Danube dans la lumière bleutée. Amour à
mort. L'amour de l'ennemi renvoie à la dualité des figures : bourreau/victime, prisonnier/surveillant (Furyo de Nagisa Oshima), maître/valet (The Servant de Joseph Losey). Ce dernier film est une extraordinaire démonstration de la parabole hégélienne où le maître et l'esclave n'existent pas l'un sans l'autre et se définissent mutuellement. Sur un scénario d'Harold Pinter, ce drame du refoulement nous entraîne dans la spirale d'une relation de dépendance qui bascule dans la domination du maître par le servant. De l'harmonie initiale où la maison comme les relations sont parfaitement ordonnées, le film s'enfonce inexorablement dans la description des déséquilibres et des dérèglements. Le tandem maître/servant passe de la relation courtoise et respectueuse à la violence et à la gangrène. Le valet s'avance dans la conquête de son maître et surveille de moins en moins son langage. Valet contre maître, servant contre servi, ce thème du théâtre classique tourne à la prise de possession, à l'aliénation d'un homme par un autre. Exerçant une séduction diabolique, le serviteur organise une lutte à tous les niveaux - lutte des classes, lutte sexuelle - pour piéger son maître. La lutte des classes vire à la descente aux enfers. Les miroirs déformants, partie intégrante du décor, personnage à part entière, réfléchissent la réalité tout en la défigurant. Les masques finissent par voler en éclats et le maître rampe au sol, à l'instar d'un insecte.
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Résumé du film :
un couple qui veut faire chanter leur voisin et qui pour cela séquestre sa femme. Et le mari qui ne paie pas parce que les cassettes vidéos envoyées le font bander. 1996:
production et réalisation: Costes et Piérog; musique: Costes; interprètes:
Sandrine Anzagoth, Costes, Pascal Keller, Quentin Rollet, Rose. Dès la
première image du film, il paraît évident que I Love Snuff allait être
différent de tout ce que nous avions pu voir auparavant.La première image du film est splendide et résume à elle seule le climat du film en nous mettant tout de suite dans l'ambiance. Un sexe féminin posé sur un sexe masculin. Il s'agit d'un couple qui ne s'entend pas sexuellement, mais alors pas du tout. Cela se comprend puisque le mari est impuissant, et cela fait dix ans qu'il n'a pas eu d'érections. La femme, Rose, hurle de rage et le mari impuissant crie des insanités encore plus immondes pendant qu'elle se rhabille pour quitter l'appartement. Deuxième scène, les voisins: elle, La Dominatrice (Sandrine Anzagoth), frappe violemment son mari, Le Travelo Sadique (Costes), lors d'une séance sado-maso. A son terme, la Dominatrice engueule violemment son mari car il est, selon elle, "une merde", incapable de supporter les coups de fouet qu'elle lui impose et de subvenir au besoin du couple. Elle décide donc de l'habiller en "folle" et de le mettre sur le trottoir... en ayant eu soin de lui faire faire, sa crotte au préalable, comme un chien. Après quelques mésaventures avec les homos du coin qui volent le sac à main du Travelo Sadique, La Dominatrice, dépitée par la piètre performance de son mari, décide d'enlever Rose qui passe justement par là, afin de demander une rançon à son mari, le Branleur Impuissant (Pascal Keller). Ils l'attachent donc dans la cave, et font une vidéo d'elle pour l'envoyer au mari afin qu'il ne puisse pas douter une seule seconde du sérieux des ravisseurs. Malheureusement, le mari trouve du plaisir à voir sur la cassette sa femme attachée et frappée. Logiquement, il refuse de payer la rançon, et les voisins SM s'énervent... Ils torturent plus sauvagement la pauvre Rose tout en refilmant leurs méfaits. Ils renvoient une cassette au mari. Celui-ci réussit, en la visionnant, à avoir sa première érection depuis dix ans, ce qui ne l'incite pas plus à payer la rançon. Les voisins SM en ont cette fois ras-le-bol, et décident d'en finir une fois pour toute en filmant la mort de Rose, ce qui nous donne droit à un final grandiose, un hymne à la violence, à la cruauté, à l'éjaculation faciale, mais aussi à l'amour, quelque part. Dans I Love Snuff, on chie, on pisse, on se frappe, et tout ça en gros plan et pour de vrai. I Love Snuff est par conséquent l'un des premiers films SM et uro-scato à raconter une histoire. Mais ce n'est pas suffisant pour faire un bon film, et les auteurs en sont tout à fait conscients. On pourra donc s'étonner de rencontrer des acteurs aussi bons dans une production amateur. Que ce soit La Dominatrice, Le Travelo Sadique ou Rose, tous jouent leur rôle quasiment à la perfection, à l'exception près du Branleur Impuissant qui n'est pas toujours tout à fait crédible. Cependant, son jeu passe parfaitement bien, car il s'inscrit dans le climat du film. Un climat terriblement frénétique, où tout va à cent à l'heure. Pas une minute de répit nous est accordée, et le film va droit au but, sans s'encombrer de scènes mineures. De toute façon, les personnages sont vite ciblés car caricaturaux. D'ailleurs, I Love Snuff est une véritable caricature de l'image que l'on peut avoir sur les gens pratiquant le sado-masochisme. La maîtresse sado-maso est véritablement dominatrice, et le Travello-Sadique on ne peut plus sadique, et effrayant. A la fin d'une vision de I Love Snuff, on reste bouche bée, avec l'impression d'avoir pris bien plus qu'une baffe dans la tronche. Le rythme frénétique du film appuyé par la violence des tortures et la folie complètement débridée dans laquelle baigne l'oeuvre, fait que l'on a l'impression d'un harassement à la fin. De plus, la bande sonore très bruyante dûe aux cris incessants de Rose torturée, des bourreaux qui crient de plaisir presque autant que Rose de douleur, et ceux du Branleur Impuissant, fou de joie de pouvoir enfin connaître la jouissance, exagère encore ce sentiment de frénésie contagieuse. Ce n'est que lors des dernières images libératrices de ce véritable chaos hallucinant que l'on respire enfin. On a l'impression d'une véritale descente aux enfers tout au long du film, grâce, encore une fois, à la vitesse avec laquelle les scènes s'enchaînent, et grâce aussi à la musique qui martèle, qui scande. On ressent une bouffée de soulagement quand arrive enfin les dernières images, d'une sérénité absolue. Bercée d'une musique magnifique, apaisante et romantique, la caméra s'appesantit sur le corps noyé de sperme du Branleur Impuissant, sur la vie paisible près de l'immeuble, et enfin sur une fleur précise, une rose. Cette scène contraste admirablement avec le reste du film, effréné et nous laisse anxieux. C'est une fin grandiose, tout comme la scène précédente de la mort de Rose. Rose qui meurt dans d'affreuses souffrances, sur l'ordre de La Dominatrice qui pousse son mari à la tuer alors qu'il l'aime. La scène est forte, car on ressent intensément les émotions du Travelo Sadique, tout comme la douleur de Rose, ainsi que la jouissance de La Dominatrice qui se masturbe au même moment que le mari devant sa télé. Les couples se forment donc virtuellement (la Dominatrice avec le Branleur Impuissant et Rose avec Le Travelo Sadique) et nous donne l'impression que la vie est finalement bien moche de ne pas avoir réuni les bonnes personnes, qui ne sont pourtant que voisins. Les deux scènes ne se déroulent évidemment pas au même moment, mais c'est ici LA grande qualité technique de I Love Snuff. Ce film est magnifiquement construit. Des scènes qui dans le temps découlent les unes des autres, sont ici mises en parallèle, comme si elles se déroulaient en même temps, parce que justement, elles se correspondent. C'est audacieux et réussi. En effet, de par sa construction, il ne devait pas être facile d'enchaîner ces séquences qui n'évoluent pas ensemble. Piérog et Costes y sont pourtant parfaitement parvenus, et le film, qui se déroule sans ancrage temporel, en devient encore plus dérangeant. Pourtant, il ne faudra pas, dans I Love Snuff, faire attention aux faux raccords qui sont légions, au support sur lequel il est tourné (en vidéo), tout comme aux protagonistes qui parfois changent de tête au fil de l'histoire (il faut se rappeler que la durée du film s'étend sur deux ans). Ce ne sont que des détails, car ils passent quasiment inaperçus, grâce au rythme frénétique du film qui ne nous laisse pas une seule seconde pour remarquer ces erreurs. La musique, de Costes, est également l'un des points forts de I Love Snuff, tour à tour dramatique, puis hilarante. Elle est très présente. Souvent, elle s'envole vers des aiguës insoutenables, ou sombre dans des sons dérangeants, lourds, ou bien, à la fin se montre digne d'une scène bucolique paisible, douce et ensorcelante, rendant la dernière scène encore plus contrastée et terrible, placée tout de suite après la folie musicale de la jouissance des autres, et de la mort de Rose. Nul doute que le travail de Costes a porté ses fruits pour rendre le film encore plus attrayant. Il y a encore une scène que l'on ne pourra pas manquer de mentionner. Un rêve complètement hallucinant dans lequel le Branleur Impuissant voit son pénis grandir démesurément et le gland se transformer en sa tête. L'effet, peut-être un peu trop long, est réalisé grâce au morphing et sert tout à fait le film. La scène se déroule sous nos yeux ébahis et sur une musique techno volontairement kitsch. C'est complètement original et ça laisse sans voix. Par contre, il y a un paradoxe dans I Love Snuff (sans doute voulu, cependant). Il y a cette volonté de faire du trash, car I Love Snuff se veut avant tout une comédie. En effet, on rit devant ce film, devant ses situations tellement caricaturales. Evidemment, tout le monde ne se fendra pas la poire en voyant le cul de Costes secrétant ses excréments, et parmi ceux qui ont l'esprit le plus ouvert, il faudra aussi avoir le coeur bien accroché. C'est trop gros pour prendre ce film au sérieux, et pourtant, et pourtant... pourquoi ne pas essayer. Certaines scènes sont en effet tellement graves dans l'horreur qu'elles ne font pas rire, mais alors pas rire du tout. On peut commencer par donner un exemple. Dans leur intimité de couple, la Dominatrice veut offrir une petite gâterie à son soumis. Elle s'accroupit sur le Travelo Sadique. Il est couché par terre et boit jusqu'à la moindre goutte l'urine de sa maîtresse. Il est tellement content qu'il crie: "j'ai joui. C'était tellement bon que j'ai pas pu m'en empêcher". Alors, la caméra descend le long du corps de Costes. On s'attend bien évidemment à voir du sperme sur son ventre. Eh bien, non... Justement, sa jouissance a été de vider sous lui le contenu de ses intestins. La surprise est totale, l'idée originale, c'est magnifique. Moins drôle, et comme on l'a déjà dit, le jeu de Rose est poignant, atrocement crédible et sert de tremplin à celui de Costes. Lors des scènes de torture, les cris de Rose nous lacèrent le coeur, mais la folie furieuse du Travelo Sadique nous laisse mal à l'aise. Costes joue avec la jouissance d'un fou. Il est extrêmement impressionnant. Heureusement, tout cela n'est qu'une fiction artistique. C'est vrai, le jeu de Costes oscille entre l'horrible et les pitreries. La dernière scène, absolument terrible et tout à fait sérieuse, porte en elle de l'émotion. Elle est extrêmement forte et nous renforce dans l'idée que I Love Snuff est quelque part un film bâtard, oscillant entre le scabreux fait pour choquer et rire et le potentiel hautement dramatique de certaines situations. Sans ces scènes volontairement grossières et drôles, I Love Snuff aurait sans doute pu être le choc de l'année.
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![]() Robin Maugham écrivit un roman sur le thème de l’esclave et du maître. Losey rencontra Pinter et ensemble, ils l’adaptèrent. Résultat : un film magnifique et une reflexion sur la servilité. Servie par le scénario brillant de Pinter, la mise en scène soignée de Joseph Losey et l'interprétation de Dirk Bogarde, cette version moderne du mythe de Faust joue avec une intelligence perverse sur l'ambiguïté des êtres, le jeu des apparences, les notions de domination et d'asservissement. The Servant est l'œuvre la plus emblématique du plus british des cinéastes américains, Joseph Losey qui livre ici un véritable joyau. Noir. C’est une fable redoutable sur la dialectique maître / esclave servie par une interprétation remarquable de Dirk Bogarde et restituée à la perfection par les plans aux perspectives déformées, effets de miroir, contre-plongées inquiétantes, autant de figures de style qui représentent l'état psychologique des personnages. La performance des acteurs que sont Bogarde et Fox est remarquable. Un des films majeurs de Losey. Un chef d'oeuvre du cinéma britannique des années 60, Palme d'Or et Grand Prix du Jury à Cannes. L’histoire est la déchéance d'un jeune aristocrate sous l'emprise de son domestique. Bogarde, valet de chambre méphistophélique impeccablement cravaté, subjugue lentement l'aristocrate veule qui l'a pris à son service. Synopsis: A londres, Tony, un aristocrate riche et brillant vivant dans une luxieuse demeure du XVIIIème
siècle, engage Hugo Barret comme domestique. Ce dernier, discret,
compétent et stylé, entoure son maître de prévenances , prend de
l’ascendant sur lui et réussit à se rendre indispensable en profitant de
sa faiblesse.Tony est un être fragile, superficiel, qui ne s'entend pas vraiment avec sa fiancée Susan. Fasciné, subjugué, il cède lentement à une attirance toute cérébrale qui fait de lui le jouet de Barret. De concession en compromission, le valet de chambre machiavélique va exercer une étrange emprise sur le jeune homme et ira jusqu’à le dominer totalement, le menant à la déchéance, à l’abjection. Les rapports maître-esclave, les dominations sexuelles et l'homosexualité sous-jacente sont très bien représentés dans cette oeuvre aboutie.
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Elizabeth
travaille dans une galerie de peinture. Depuis qu'elle est séparée de son
mari, elle vit dans le même appartement que Molly, sa grande amie,
employée dans la même galerie. Un jour, dans la rue, Elizabeth aperçoit
John dont le sourire la fascine. Après plusieurs rencontres fortuites, il
l'invite à dîner. Puis, il l'emmène chez un ami dans un bateau sur
l'Hudson. Mais Elizabeth n'est pas prête à se donner à lui. John et
Elizabeth néanmoins se revoient. Et elle finit par être à lui dont la
jouissance passe par quelques jeux particuliers... Il pousse le jeu
érotique jusqu'aux limites de l'esclavagisme sexuel et du sadomasochisme.
La jeune femme dévoile une sensualité de plus en plus intense, durant... 9
semaines 1/2. Un duo inoubliable se livrant à des jeux plus "hot" les uns que les autres : Mickey Rourke couvrant Kim Basinger d'huile, cette dernière
faisant un strip-tease (culte !) sur Joe Cocker...Des moments d'anthologies pour un drame ne sombrant jamais dans la vulgarité. 9 semaines ½ devint culte dans les années 80. Le film fit surtout de Kim Basinger le sex-symbole de la décennie avant que Sharon Stone ne vienne la déposséder de son trône à coup de pics à glace en 1992. Il existe une suite sans interet à ce film, Love in Paris sorti en 97.
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film
de Just Jaeckin 1975 Adaptation du roman de Pauline Réage et scénario de
Sébastien Japrisot. Interprètes. : Corinne CLÉRY (O), Udo KIER (René),
Anthony STEEL (Sir Stephen), Jean GAVEN (Pierre), Christiane MINAZZOLI (Anne-Marie),Résumé Un jour, son amant fait monter O dans une voiture, exige qu'elle ôte son slip et son soutien-gorge et l'emmène à Roissy, dans un étrange château où elle est livrée à des hommes masqués portant cravache à la ceinture. Ils usent d'elle comme ils le veulent, la violent, l'attachent, la fouettent, la torturent. Elle n'a le droit ni de parler, ni de fermer les jambes. Elle est ainsi offerte continuellement. Si, au début, elle s'affole ou craint le supplice, elle ressent bientôt une satisfaction trouble. C'est son amant René qui l'a ainsi prostituée et puisqu'il le veut, puisqu'il l'aime ainsi, elle est heureuse. À sa sortie de Roissy, O est donnée par René à Sir Stephen avec qui il entretient des relations ambiguës. Sir Stephen, homme froid et dédaigneux, prend O avec brutalité, mais elle se soumet à ce nouveau maître comme elle l'a fait avec René. Elle accepte toutes ses exigences, ses humiliations, ses coups de cravache. Sir Stephen l'offre à ses amis : Yvan, le commandant et l'envoie chez Anne-Marie pour y parfaire son éducation. Là, en compagnie d’autres jeunes femmes, on lui perce une lèvre de la vulve pour y passer un anneau de métal gravé au nom de son maître et on lui marque le bas des reins au fer rouge avec les initiales de Sir Stephen. Ainsi nue, portant un masque de chouette, exposée comme une bête docile et fière de son esclavage, elle assiste, aux yeux de tous, à une soirée organisée par le commandant. Chez le maître, Sir Stephen et O se déclarent mutuellement leur amour. Il accepte à son tour d'être marquée par elle. O lui appuie sur la main sa cigarette incandescente. Commentaire Cette histoire de découverte de plaisirs nouveaux (sado-masochisme, saphisme et esclavage érotique) pour une jeune femme offerte par son amant aux fantasmes d'autres hommes, est d'abord une entreprise commerciale qui vise à exploiter le succès sans précédent d'Emmanuelle, tourné par le même réalisateur 3 ans plus tôt. En effet, le roman de Pauline Réage a connu la même renommée, le même parfum de scandale que celui d'Emmanuelle Arsan. Aussi pour le film ; grands moyens, publicité tapageuse, même réalisateur : Just Jaeckin avec sa photo léchée, ses décors somptueux, style magazine de grand luxe.
Mêmes prétextes et déclarations d'intentions : profiter de la libération
des mœurs et de la libéralisation de la censure pour sortir de la
pornographie vulgaire, faire du beau, de l'érotisme véritable, de
l'esthétisme, enfreindre les sujets tabous, permettre à tous de voir en
film ce que seule une élite avait pu lire. Sauf que le réalisateur est
loin de garder l’aspect subversif du livre. Avec Histoire d'O - le film,
on tombe dans le plus plat conformisme des productions courantes. À la
fin, Sir Stephen et O sont dans les bras l'un de l'autre et se déclarent
leur grand amour mutuellement et il accepte, à son tour, d'être marqué par
elle comme elle a été marquée par lui. C'est ridicule et révoltant pour
tous ceux qui ont lu le roman. Cette fin cinématographique fait du film de
Just Jaekin une Histoire d'O de l'année de la femme.Ce qui est grave ce
n'est même pas la trahison de l'œuvre littéraire, c'est de laisser croire
à une œuvre libératrice, subversive, alors qu'il s'agit finalement du film
le plus conformiste. Quant aux détails, certains valent d'être relevés
pour leur caractère ridicule. Ainsi, après Roissy, les scènes de torture…
O, rentrant chez elle, s'écrie : " Ho ! que je suis contente de me
retrouver chez moi ".
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Outre
les Prix d'interprétation masculin et féminin attribués à Benoît Magimel
et Isabelle Huppert, La Pianiste s'est vu décerner le Grand Prix du Jury
lors du Festival de Cannes 2001. Vienne aujourd'hui, sur les airs de Schubert, de Bach et de Beethoven. Michael Haneke filme la violence au sein d'un duo sadomasochiste formé par un étudiant et son professeur de piano. Lui (Benoît Magimel) est un séducteur téméraire; elle (Isabelle Huppert) est une femme enfermée dans une relation névrosée et exclusive avec sa mère. À la fois tragique, terrible et comique, *La Pianiste* est un étrange voyage - entre bestialité et sauvagerie - dans les bas-fonds de leur relation. Voici ce qu'en dit Daniel Chocron: Adapté du roman controversé de la romancière autrichienne Elfriede Jelinek, la Pianiste est un film coupant comme un scalpel qui dénude les âmes. Son compatriote, le cinéaste Michael Haneke nous dépeint l'existence d'Erika Kohut, professeur de piano au Conservatoire de Vienne qui vit avec sa mère, une relation exclusive fondée sur un rapport de soumission. Erika est déjà morte en son for intérieur. L'amour n'a pas de place dans sa vie mécanique. Ses sorties nocturnes dans les peep-shows et les cabines de visionnage de films X constituent sa seule sexualité. C'est une souffrance insupportable mêlée de masochisme et de frustration qui structure le caractère du personnage. Jusqu'au jour où un de ses élèves lui déclare sa flamme. Commence, alors, un jeu de séduction sado-masochiste. Le cinéaste raconte avec une violence extrême le récit de cette histoire d'amour marquée et le portrait de cette femme névrosée. Avec une froideur clinique, il autopsie la peur, puis le débordement de son héroïne trop longtemps frustrée qui confond fantasme et amour. L'action du film est sublimée par la musique omniprésente et qui constitue un personnage à part entière, ce qui est une nouveauté dans l’œuvre du réalisateur. Mais bien évidemment, ce qui fait la force trouble et énigmatique du film est Isabelle Huppert, sans doute notre plus grande actrice hexagonale. Sa composition est proprement éblouissante, s'effaçant devant un personnage impressionnant de dureté : Elle est au sommet de son art. La violence, l'atmosphère de mort et de folie qui règne tout le long du film est, certes, faite pour créer un malaise chez le spectateur : mais c'est, avant tout, un film qui renvoie le spectateur à lui-même. C'est un film, une expérience, assez impressionnante qui mérite le détour loin des polémiques.
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LE
DIVIN PRISONNIER Oui, j'ai été libertin. Tout ce qu'on peut concevoir dans ce genre-là, je l'ai fait. Mais je ne suis pas un criminel, pas un meurtrier. Il n'y a pas d'idée sans corps, et pas de corps sans idées. Une odeur de souffre plane à la seule évocation du nom de Sade, auteur controversé du XVIIIe siècle, ayant laissé son nom à une pratique sexuelle violente et destructrice. On croit tout connaître du divin marquis, tant les biographes ont été inspirés par sa vie rocambolesque et agitée. Pourtant, une période de sa vie reste obscure, car on manque de documents pour savoir ce qui s'est passé lors de son incarcération à la maison de santé de Picpus, sorte de ghetto pour nobles en pleine période révolutionnaire. Fort de cette ignorance, Benoît Jacquot a choisi de se pencher sur cette année 1794, pour nous offrir une biographie imaginaire de l'auteur de Justine. Mais si Sade est au coeur du film, ce n'est pas moins qu'une évocation de la société révolutionnaire que nous offre le réalisateur. Grâce à une mise en scène classique, des décors plus que réalistes et un casting plus que parfait, Jacquot nous transporte dans une période clé de l'histoire française: celle où le peuple s'émancipe et extermine sa noblesse. Sade, dans toute sa complexité, résume à lui seul cette phase transitoire et terrifiante de la société française. Homme libertin, immoral, noble de surcroît et mis au ban de sa caste, le divin marquis a bien du mal à se faire une place dans le microcosme où il est projeté malgré lui. Les nobles l'abhorrent, les révolutionnaires le craignent, mais la fascination qu'il exerce, de part sa personnalité hors norme et anachronique, lui vaut finalement l'admiration de ses pairs. Dans le mouroir où il est incarcéré, il saura insuffler la vie et rendre l'espoir à des hommes et des femmes pourtant voués pour la plupart à la guillotine. Daniel Auteuil incarne magistralement le marquis impétueux, plein de fougue, de vices et de mystères, provocateur en diable et ayant voué sa vie à la dépravation et à la luxure, ne cachant rien de ses vices dans une noblesse qui se veut bienséante mais qui ne pense qu'à assouvir ses désirs sexuels tout en restant cachée. La mort est le quotidien de Picpus, en particulier lorsque les révolutionnaires y installent une fosse où ils jettent les guillotinés, et pourtant, Sade saura animer le couvent et donner envie à ses partenaires de cellule (dorée, certes, mais prison quand même), de croire en un avenir plus rose. L'intérêt majeur du film réside en ce contraste entre la sulfureuse réputation de Sade, et son effort constant pour animer un univers morbide. Mais il ne faut pas oublier l'interprétation magistrale de l'ensemble du casting, et nul doute que le duo Auteuil-Denicourt est en passe de devenir un des couples sacrés du cinéma français...
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J'ai
vu ce film trois fois.. Monde des nuits londonienne, univers de
lesbiennes, d'homosexuels cotoient en parfaite harmonie des hétéro avides
de plaisirs sans retour...Une créature de rêve Dominatrice dirige un club fétichiste/BDSM. Les décors, images et costumes sont sublimes. Un député conservateur virulent va s'adjoindre les services d'un jeune stagiaire pour infiltrer la maison du péché. C'est l'éternel problème de la censure et du consentement. Le jeune homme novice découvre inquiet, puis attiré ces gens étranges , cette dominatrice dangereuse.. qui s'avereront avoir un cœur… comme lui ! Scènes cruelles, troublantes.. et enfin émouvantes, telles que nous les vivons tous qui aimons par-dessus tout le plaisir découlant du rêve, de l'attente, de la douleur transcendée. Stuart Urban, (GB, 1997, VO STF, 99', 35mm (K-Films) Avec Guinevere Turner, Christien Anholt
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Comment
ne pas avoir pensé avant à ce film culte dans le monde SadoMasochiste ?"MAITRESSE", c'est d'abord l'exceptionnelle Bulle Ogier dans un role assez audacieux.. Celui d'une femme dominatrice partagée entre ses activités vénales (superbe donjon équipé), et un amour absolu pour un cambrioleur qui s'était infiltré un jour dans son superbe appartement. Les toilettes de Bulle Ogier sont sublimes. Le réalisateur Barbet Schroeder n'a pas hésité à s'entourer pour ce film, de vraies Maîtresses du monde parisien, ainsi que d'un homme masochiste (nullement acteur), bien connu à l'époque dans le milieu SM. A ce sujet, certaines séances extrèmes n'ont pas été épargnées.. Gérard Depardieu, Bulle Ogier, André Rouyer, Nathalie Keryan
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